Statuts par prestataire
Un éditeur peut vendre une signature qualifiée grâce à un prestataire tiers : exigez que ce tiers soit nommé
Pour qui : Acheteur séduit par une interface ou un prix chez un éditeur qui ne figure pas sur une liste, et qui se demande s’il peut quand même lui acheter une signature qualifiée.
Oui, un éditeur peut délivrer une signature qualifiée grâce à un prestataire tiers : le règlement européen eIDAS définit la signature qualifiée par un certificat qualifié et un dispositif qualifié, et ne demande pas que celui qui vend l’interface les porte lui-même. Acceptez ce montage si le contrat nomme trois éléments, le service de certificats, le service de gestion du dispositif et l’entité qui les porte, et si un exemplaire signé confirme la réponse. Si le tiers reste anonyme, n’achetez pas ce niveau chez cet éditeur : aucune liste officielle de services de confiance ne vous permet de vérifier un nom que vous n’avez pas.
Notre avis
L’interface peut appartenir à un éditeur et le statut qualifié à un autre prestataire. Cela ne pose aucun problème, tant que vous savez qui est ce prestataire et que votre contrat le dit.
Pourquoi
- Seul le nom du prestataire tiers permet de trouver la bonne ligne sur la liste de confiance.
- Un exemplaire signé donne un second contrôle, indépendant de la réponse commerciale.
- Le changement de tiers en cours de contrat est un risque concret, que seule une clause d’information couvre.
Ce qui change le choix
Si vos actes appellent une simple ou une avancée, n’entrez pas dans ce contrôle : le tiers qualifié ne concerne pas ces niveaux.
L’ordre à suivre
- Éditeur qui nomme par écrit le tiers et ses services, et qui remet un exemplaire signé à contrôler : acceptable
- Éditeur qui ne donne ces noms que sur demande : les demander par écrit, puis décider
- Éditeur qui ne nomme pas le tiers : pas d’achat de qualifiée, le reste de l’offre peut convenir
Les trois éléments à faire nommer, et la ligne à relire pour chaque service
Pour une signature qualifiée, le règlement exige une signature avancée, créée avec un dispositif qualifié (le logiciel ou le matériel qui crée la signature) et reposant sur un certificat qualifié (l’attestation électronique qui rattache la signature à une personne). Lorsque le dispositif est géré à distance pour le compte du signataire, le § 1 bis de l’article 29 réserve cette gestion à un prestataire qualifié. L’horodatage est distinct : il n’entre pas dans cette définition, mais il documente la date. Le tableau suit donc les deux services et l’entité qui les porte, puis l’horodatage, s’il est annoncé.
| Point à contrôler | Ce qu’il faut nommer | Type à lire sur la liste | Si la réponse manque |
|---|---|---|---|
| Certificat du signataire | Service et entité qui délivrent le certificat | CA/QC avec ForeSignatures, puis le qualificatif de votre politique de certificat : QCWithQSCD ou QCQSCDManagedOnBehalf indique un dispositif qualifié, QCNoQSCD l’exclut ; sans aucun des trois, lisez le certificat lui-même | Vous ne pouvez pas lire le statut : ne présentez pas la signature comme qualifiée |
| Dispositif de création | Service de gestion à distance, ou support physique remis au signataire | RemoteQSigCDManagement/Q pour la gestion à distance | Le certificat seul ne prouve pas le dispositif : demander la politique du certificat |
| Horodatage | Service d’horodatage, s’il est annoncé comme qualifié | TSA/QTST | La signature n’en dépend pas, mais la date du document se prouve moins facilement |
18 entités françaises à certificats de signature accordés, 6 à gestion à distance : le tiers doit pouvoir répondre sur les deux lignes
Sur la liste de France n° 182, notre décompte trouve ces deux populations. Les 6 font toutes partie des 18 : douze entités du premier groupe n’apparaissent donc pas dans le second. Cela ne dit pas qu’elles n’ont pas de dispositif, puisque le certificat peut être remis sur un support physique. Si la signature se fait en ligne, demandez à l’éditeur quel service gère le dispositif. L’article 51, § 3, fixait aussi une échéance transitoire au 21 mai 2026 pour la gestion à distance par des prestataires qualifiés sans statut qualifié pour ce service : demandez depuis quand le service indiqué a le statut accordé sur la liste, et contrôlez-le dans son historique, car la date affichée est celle du statut courant.
Deux éditeurs lus illustrent le cas ouvert. Certyneo écrit que le certificat est « émis par un tiers de confiance européen », sans le nommer. Les conditions anglaises d’Oodrive Sign renvoient à une autorité de certification tierce, avec une liste disponible sur demande. Nous n’en faisons aucun reproche à ces éditeurs : simplement, l’acheteur ne peut encore rien vérifier.
Faites signer un document sans enjeu : l’exemplaire contrôle ce que dit le commercial
Demandez un exemplaire réellement signé sur le plan que vous achetez, avec une identité de test. Ouvrez-le dans le panneau de signatures de votre lecteur PDF et relevez l’émetteur du certificat, comme l’explique notre page sur la vérification d’une signature reçue. Si la politique du certificat n’y apparaît pas, demandez son numéro par écrit à l’éditeur. Comparez ensuite ces deux valeurs à sa réponse écrite. L’article 32 liste ce que vérifie une validation : un certificat qualifié valide au moment de la signature, délivré par un prestataire qualifié, un dispositif qualifié, une intégrité préservée, entre autres.
La Commission met en ligne un outil de démonstration de validation. Il se présente comme réservé aux tests, sans valeur de service officiel, et déconseille les documents sensibles. Il convient donc à ce document sans enjeu, pas à votre contrat. Nous ne l’avons pas testé.
La phrase à faire écrire : « Les signatures de niveau qualifié sont créées avec le service [nom sur la liste], qui délivre les certificats, et le service [nom sur la liste ou support remis], qui gère le dispositif, inscrits au nom de [entité, TVA] sur la liste de confiance de [pays]. [Éditeur] reste responsable envers le client de la fourniture de ce niveau, et l’informe avant tout changement de prestataire, avec un droit de résiliation si le niveau ne peut être maintenu. »
Limites de cette page
Fichiers XML des listes lus par logiciel, signature du fichier non vérifiée : les décomptes de 18 et 6 entités sont confirmés sur le fichier. L’article 51 a été lu sur le PDF de la version consolidée française du 18 octobre 2024. L’article 32 a été relu sur une reproduction britannique et résumé sur la consolidation. L’outil de démonstration n’a pas été testé et ses filtres ne sont pas décrits. La clause proposée ne constitue pas un avis sur un contrat donné ; sa répartition de responsabilité se négocie. Une liste ne dit rien des contrats entre un éditeur et un prestataire.
Prochaine action
Envoyez à votre éditeur la phrase ci-dessus et demandez un exemplaire signé sur votre plan. Relisez les deux services sur la liste du pays indiqué avant de payer.
Preuves et sources
Règlement eIDAS consolidé du 18 octobre 2024, articles 3, 26, 29 et 32, lus lors de la recherche, article 32 relu le 4 novembre 2026 sur une reproduction, articles 29 et 51 lus le même jour sur le PDF français. Liste de France n° 182 émise le 16 octobre 2026 et liste d’Italie n° 224, lues en entier par logiciel. Spécification ETSI TS 119 612 V2.3.1, clause 5.5.9.2.3. Conditions de Certyneo et d’Oodrive Sign. Outil de démonstration de la Commission décrit d’après sa page, non testé.
Chaque élément ci-dessous indique s’il s’agit d’un fait lu dans une source, d’une déclaration de son auteur, de notre calcul, de notre méthode ou de notre avis. Vérifiez sur le document toute source marquée à vérifier ou non tranchée avant de vous y fier. Notre méthode
Fait lu. La signature qualifiée est une signature avancée créée avec un dispositif qualifié et reposant sur un certificat qualifié.
Périmètre : Règlement eIDAS, article 3, point 12
Réserve : Définition, sans effet sur le fond du contrat.
Relevé du 4 novembre 2026.
- EUR-Lex, Office des publications de l’UE : Règlement (UE) n° 910/2014 (eIDAS), version consolidée 02014R0910 FR du 18.10.2024 Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Le § 1 bis de l’article 29 réserve à un prestataire qualifié la gestion à distance générant ou sauvegardant les données de création pour le compte du signataire.
Périmètre : Dispositif géré à distance
Réserve : Lu sur le PDF de la version consolidée française du 18 octobre 2024.
Relevé du 4 novembre 2026.
- EUR-Lex, Office des publications de l’UE : Règlement (UE) n° 910/2014 (eIDAS), version consolidée 02014R0910 FR du 18.10.2024 Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
Notre calcul ou déduction. Aucun texte lu n’exige que le vendeur de l’interface porte lui-même le certificat et le dispositif d’une signature qualifiée.
Périmètre : Articles 3, 26 et 29 du règlement
Réserve : Bornée aux articles lus. Sa responsabilité contractuelle reste à écrire.
Relevé du 4 novembre 2026.
- EUR-Lex, Office des publications de l’UE : Règlement (UE) n° 910/2014 (eIDAS), version consolidée 02014R0910 FR du 18.10.2024 Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
Notre calcul ou déduction. Sur la liste de France n° 182, notre décompte trouve 18 entités à certificats de signature accordés et 6 à gestion à distance de dispositif de signature accordée ; les 6 font toutes partie des 18.
Périmètre : Décompte confirmé par logiciel sur le fichier
Réserve : L’absence d’une gestion à distance ne prouve pas l’absence de dispositif.
Relevé du 4 novembre 2026.
- Liste de confiance de France : Liste n° 182, émise le 16 octobre 2026 Lue en entier. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. L’article 51, § 3, permettait jusqu’au 21 mai 2026 à des prestataires qualifiés de gérer à distance des dispositifs qualifiés sans statut qualifié pour ce service.
Périmètre : Transitions de l’article 51
Réserve : Lu sur le PDF de la version consolidée française du 18 octobre 2024.
Relevé du 4 novembre 2026.
- EUR-Lex, Office des publications de l’UE : Règlement (UE) n° 910/2014 (eIDAS), version consolidée 02014R0910 FR du 18.10.2024 Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
Déclaration de l’émetteur. La page d’accueil de Certyneo parle d’un certificat émis par un tiers de confiance européen, sans le nommer.
Périmètre : Page d’accueil
Réserve : Déclaration de l’éditeur.
Relevé du 4 novembre 2026.
- Certyneo : Certyneo, accueil non datée. Lu le 4 novembre 2026. Déclaration de l’émetteur.
Déclaration de l’émetteur. Les conditions anglaises d’Oodrive Sign renvoient à une autorité de certification tierce, non nommée, avec une liste disponible sur demande.
Périmètre : Texte contractuel de l’éditeur
Réserve : Liste non obtenue.
Relevé du 4 novembre 2026.
- Oodrive : Oodrive Sign, General Terms of Use (en) non datée, © 2026. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. L’article 32 fait notamment dépendre la validation d’une qualifiée d’un certificat qualifié au moment de la signature, délivré par un prestataire qualifié et valide à ce moment, d’un dispositif qualifié et de l’intégrité des données.
Périmètre : Validation d’une signature qualifiée
Réserve : Reproduction britannique relue, à confronter à la consolidation.
Relevé du 4 novembre 2026.
- EUR-Lex, Office des publications de l’UE : Règlement (UE) n° 910/2014 (eIDAS), version consolidée 02014R0910 FR du 18.10.2024 Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
- legislation.gov.uk : Regulation (EU) No 910/2014, article 32, paragraphe 1, version révisée retenue au Royaume-Uni Latest available (Revised). Lu le 4 novembre 2026. Reproduction par un tiers, à confirmer sur le texte officiel.
Fait lu. L’outil de démonstration de validation de la Commission se présente comme réservé aux tests, sans valeur de service officiel, et déconseille les documents sensibles.
Périmètre : Version 6.5.1, sans date affichée
Réserve : Page lue, outil non testé.
Relevé du 4 novembre 2026.
- Commission européenne : DSS Demonstration WebApp, version 6.5.1, Validate a signature Sans date affichée. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
Notre avis. Un éditeur appuyé sur un tiers est acceptable pour une signature qualifiée si le contrat nomme le tiers et ses services et si un exemplaire signé le confirme ; il ne l’est pas si le tiers reste anonyme.
Périmètre : Achat par une PME
Réserve : Avis assumé. Sans jugement sur la qualité de l’éditeur.
Relevé du 4 novembre 2026.
- EUR-Lex, Office des publications de l’UE : Règlement (UE) n° 910/2014 (eIDAS), version consolidée 02014R0910 FR du 18.10.2024 Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
Notre méthode. La méthode de contrôle des deux services et de l’entité, le test sur un exemplaire signé et la clause proposée.
Périmètre : Contrôle avant achat
Réserve : Le contrôle ne vaut pas validation d’une signature future. Clause à adapter.
Daté du 4 novembre 2026.
Fait lu. La clause 5.5.9.2.3 de la spécification ETSI TS 119 612 fait de QCWithQSCD et de QCQSCDManagedOnBehalf deux indications d’une clé dans un dispositif qualifié, et de QCNoQSCD l’indication contraire ; InfoCert Qualified Electronic Signature CA 4 porte QCQSCDManagedOnBehalf sur la liste d’Italie n° 224, sans QCWithQSCD lu.
Périmètre : Première ligne du tableau de contrôle
Réserve : Le qualificatif vaut pour la politique qu’il vise.
Relevé du 4 novembre 2026.
- ETSI : ETSI TS 119 612 V2.3.1 (2024-11), Trusted Lists V2.3.1, novembre 2024. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
- Liste de confiance d’Italie : Liste n° 224, émise le 24 septembre 2026 Lue en entier. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.