Niveau par acte
Intérim : la signature avancée dans le cas ordinaire, pour chacun des deux contrats
Pour qui : Responsable opérations d’une PME qui recourt à l’intérim, ou gestionnaire d’une agence de travail temporaire, et qui doit faire signer de nombreuses missions en peu de temps.
Prenez la signature avancée pour les deux contrats de l’intérim dans le cas ordinaire, et envisagez la signature qualifiée dans deux cas : l’intérimaire que l’agence n’a ni vu ni inscrit, dont elle n’a pas reçu les pièces ou avec qui un différend est prévisible, et le signataire de l’autre société quand la relation commence avec cette mission ; si la personne ne peut pas l’utiliser, l’avancée avec vérification de sa pièce d’identité. Les textes que nous avons lus ne fixent aucun niveau. Le contrat de mission lie le salarié et l’entreprise de travail temporaire ; le contrat de mise à disposition lie cette entreprise et l’entreprise utilisatrice, qui ne signe que ce second contrat. Chacun est écrit, et le délai de deux jours ouvrables vaut pour les deux. Sans la signature du salarié, le contrat de mission ne peut pas être regardé comme écrit, avec une requalification possible à sa demande, sauf refus délibéré dans une intention frauduleuse. Selon notre lecture de l’article L1251-40 du Code du travail, qui vise des cas de recours irrégulier sans viser les deux articles sur ces écrits (L1251-16 et L1251-42), cette absence ne crée pas à elle seule un CDI avec l’entreprise utilisatrice. Le retard de transmission seul ne requalifie pas.
Notre avis
Séparez les deux contrats dans vos réglages : l’avancée convient aux deux, mais le contrôle utile diffère. Du côté de l’agence, c’est la signature effective de chaque mission ; du côté de l’utilisatrice, c’est le motif écrit dans la mise à disposition.
Pourquoi
- Le volume de missions rend la signature qualifiée lourde pour un risque écarté dans le cas ordinaire, celui d’un intérimaire qui nierait avoir signé : il est inscrit et ses pièces sont reçues.
- L’utilisatrice qui soigne sa signature sans vérifier son motif de recours protège le mauvais point : c’est notre lecture de la liste des articles visés par L1251-40.
- L’arrêt de la Cour de cassation du 14 décembre 2022 sur une signature scannée (n° 21-19.841) porte sur un CDD ; ne le transposez pas tel quel à l’intérim.
Ce qui change le choix
Une signature en attente au moment de la prise de poste change la priorité : à notre avis, il faut alors obtenir la signature par un autre moyen avant de chercher un niveau supérieur.
L’ordre à suivre
- Avancée pour le contrat de mise à disposition entre deux sociétés liées par un contrat-cadre
- Avancée pour le contrat de mission d’un intérimaire vu ou inscrit, pièces reçues, adresse confirmée
- À envisager : signature qualifiée pour l’intérimaire sans ces éléments ou avec qui un différend est prévisible, et pour le signataire de l’autre société quand la relation commence avec cette mission. S’il ne peut pas la créer, signature avancée avec vérification de sa pièce d’identité
Qui signe quoi, et qui porte quel risque
Si vous êtes l’entreprise utilisatrice, le contrat de mission n’est pas votre acte : votre signature porte sur la mise à disposition. Si vous êtes l’agence, vous signez les deux.
| Élément comparé | Contrat de mission | Contrat de mise à disposition |
|---|---|---|
| Signataires | Salarié et entreprise de travail temporaire | Entreprise de travail temporaire et entreprise utilisatrice |
| Texte | L1251-16 : établi par écrit, mentions | L1251-42 et L1251-43 : conclu par écrit pour chaque salarié, mentions |
| Délai | Transmis au salarié dans les deux jours ouvrables suivant la mise à disposition (L1251-17) | Conclu au plus tard dans les deux jours ouvrables suivant la mise à disposition (L1251-42) |
| Si la signature manque | Contrat non regardé comme écrit, requalification à la demande du salarié auprès de l’agence ; autre solution en cas de refus délibéré à intention frauduleuse | Non traité par les arrêts lus |
| Si le délai manque | Indemnité d’un mois de salaire au plus, pas de requalification à ce seul titre (L1251-40) | Non traité par les textes lus |
L’utilisatrice regarde d’abord son motif de recours
L’article L1251-40 permet au salarié de faire valoir auprès de l’entreprise utilisatrice les droits d’un CDI lorsque celle-ci a recouru à lui en méconnaissance de certains articles : L1251-5 à L1251-7, L1251-10, L1251-11, L1251-12-1, L1251-30 et L1251-35-1. Ni L1251-16 ni L1251-42 n’y figurent. Selon notre lecture, un défaut de signature ne suffit donc pas à exposer l’utilisatrice sur ce fondement. Dans une affaire de 2022 où des contrats de mission n’étaient pas signés, la Cour rappelle que celui qui invoque le caractère fictif d’un contrat apparent doit le prouver, et casse la décision qui retenait un CDI avec l’association utilisatrice. Cet arrêt n’est pas publié au bulletin et tient à la charge de la preuve.
Pour relire votre motif, comparez-le aux cas de l’article L1251-6 : remplacement d’un salarié, accroissement temporaire de l’activité, emploi saisonnier ou d’usage, remplacement d’un chef d’entreprise, d’un professionnel libéral ou d’un chef d’exploitation agricole, ou de certains de leurs proches et associés. Les autres articles visés par L1251-40 n’ont pas été lus : si votre motif n’entre pas clairement dans l’un de ces cas, faites relire la mise à disposition par votre juriste.
Le niveau de signature, contrat par contrat
Les textes lus ne fixent pas de niveau pour ces deux écrits. Demandez si le contrat-cadre qui lie l’agence et l’utilisatrice en fixe un : s’il l’écrit, ce niveau devient le minimum imposé. Répondez ensuite aux questions ci-dessous ; les deux réponses sur ce que vous perdriez sont notre lecture.
- Mise à disposition : le signataire de l’autre société pourrait-il nier ? Non si un contrat-cadre et des échanges suivis le rattachent à cet envoi. Oui si la relation commence avec cette mission.
- Mise à disposition : perdriez-vous un droit que vous ne pourriez plus établir ? Oui : relevés d’heures et factures montrent la prestation, sans établir le motif de recours écrit pour ce salarié, qui compte parmi les mentions.
- Mission : l’intérimaire pourrait-il soutenir qu’il n’a pas signé ? Non si, avant la signature, l’agence l’a vu ou inscrit, a reçu ses pièces et envoie le contrat à une adresse confirmée. Oui si l’un de ces éléments manque, ou si un différend se dessine. Une mission précédente n’établit rien si elle ne remplit pas ces conditions.
- Mission : perdriez-vous un droit que vous ne pourriez plus établir ? Oui : l’exécution montre le travail, pas le terme ni le motif de la mission.
- Vos réponses pour chaque contrat donnent le niveau. Signataire qui ne pourrait pas nier avoir signé : signature avancée, pour les deux contrats dans le cas ordinaire. Signataire qui pourrait le nier : envisagez la signature qualifiée pour ce signataire ; s’il ne peut pas la créer, signature avancée avec vérification de sa pièce d’identité.
La mission signée après coup : ce que les textes lus disent et ne disent pas
Le retard de transmission du contrat de mission ne requalifie pas à lui seul. Les textes lus s’arrêtent là : aucun arrêt lu ne dit qu’une signature obtenue après le début de la mission répare une absence de signature, ni qu’elle ne la répare pas. Traitez donc une signature tardive comme un défaut à corriger le plus tôt possible, sans la tenir pour réglée. Réglez vos relances pour que le lien parte avant la mise à disposition.
Limites de cette page
Lecture du 4 novembre 2026, sans test d’outil et sans relecture par un avocat. Cette page ne vaut pas conseil sur une mission donnée. Aucun arrêt lu sur la signature électronique ou scannée du contrat de mission, et décisions d’appel non lues. L’arrêt du 7 mars 2000 a été rendu sous l’ancien article L. 124-4. L’arrêt du 28 septembre 2022 n’est pas publié au bulletin. Le sort d’une signature tardive et l’absence de signature du contrat de mise à disposition ne sont pas traités par les sources lues. Conventions et accords de branche non lus. Parmi les articles visés par L1251-40, seul L1251-6 a été lu. L’effet sur l’utilisatrice d’un défaut de signature est notre lecture de L1251-40, qui vise aussi des stipulations de branche.
Prochaine action
Si vous êtes utilisatrice, comparez le motif de recours écrit dans vos dernières mises à disposition aux cas de l’article L1251-6 rappelés sur cette page, gardez la pièce qui montre ce motif, comme l’absence du salarié remplacé, et faites relire par votre juriste tout motif qui n’entre pas clairement dans un cas. Si vous êtes une agence, listez les missions commencées sans signature du salarié et réglez l’envoi du lien avant la mise à disposition.
Preuves et sources
Code du travail (L1251-6, L1251-16, L1251-17, L1251-40, L1251-42, L1251-43), fiche officielle F11215, vérifiée le 19 juin 2026, et arrêts de la Cour de cassation du 7 mars 2000, 24 mars 2010, 13 juin 2012, 28 septembre 2022 et 14 décembre 2022, lus le 4 novembre 2026. Aucun outil de signature n’a été testé.
Chaque élément ci-dessous indique s’il s’agit d’un fait lu dans une source, d’une déclaration de son auteur, de notre calcul, de notre méthode ou de notre avis. Vérifiez sur le document toute source marquée à vérifier ou non tranchée avant de vous y fier. Notre méthode
Fait lu. Le contrat de mission est établi par écrit et comporte des mentions fixées par L1251-16 ; il est transmis au salarié au plus tard dans les deux jours ouvrables suivant sa mise à disposition.
Périmètre : Contrat de mission
Réserve : Mentions non reprises en détail.
Relevé du 4 novembre 2026.
- Code du travail numérique (ministère du Travail), source Légifrance : Code du travail, art. L1251-16 Mis à jour le 01/05/2008. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
- Code du travail numérique (ministère du Travail), source Légifrance : Code du travail, art. L1251-17 Mis à jour le 01/05/2008. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. L’entreprise de travail temporaire et l’entreprise utilisatrice concluent par écrit un contrat de mise à disposition pour chaque salarié, au plus tard dans les deux jours ouvrables suivant la mise à disposition, avec les mentions de L1251-43.
Périmètre : Contrat de mise à disposition
Réserve : Conséquence d’une signature absente non lue.
Relevé du 4 novembre 2026.
- Code du travail numérique (ministère du Travail), source Légifrance : Code du travail, art. L1251-42 Mis à jour le 01/05/2008. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
- Code du travail numérique (ministère du Travail), source Légifrance : Code du travail, art. L1251-43 Mis à jour le 01/05/2008. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. La signature du contrat de mission est une prescription d’ordre public ; un contrat non signé par le salarié ne peut pas être regardé comme écrit, avec requalification à sa demande.
Périmètre : Relation entre le salarié et l’entreprise de travail temporaire
Réserve : Arrêt de 2000 rendu sous l’ancien L. 124-4.
Relevé du 4 novembre 2026.
- Légifrance : Cass. soc., 7 mars 2000, n° 97-41.463 Bull. 2000, V, n° 90, cassation. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
- Légifrance : Cass. soc., 24 mars 2010, n° 08-45.552 Bull. 2010, V, n° 74, rejet. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
- Légifrance : Cass. soc., 13 juin 2012, n° 10-26.387 Bull. 2012, V, n° 189. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Il en va autrement lorsque le salarié a délibérément refusé de signer le contrat de mission dans une intention frauduleuse.
Périmètre : Cass. soc., 24 mars 2010, n° 08-45.552
Réserve : Solution d’espèce sur un refus délibéré.
Relevé du 4 novembre 2026.
- Légifrance : Cass. soc., 24 mars 2010, n° 08-45.552 Bull. 2010, V, n° 74, rejet. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. L1251-40 permet au salarié de faire valoir auprès de l’entreprise utilisatrice les droits d’un CDI pour le recours en méconnaissance de L1251-5 à L1251-7, L1251-10, L1251-11, L1251-12-1, L1251-30 et L1251-35-1, ainsi que de stipulations de branche.
Périmètre : Requalification auprès de l’entreprise utilisatrice
Réserve : Parmi les articles visés, seul L1251-6 a été lu.
Relevé du 4 novembre 2026.
- Code du travail numérique (ministère du Travail), source Légifrance : Code du travail, art. L1251-40 Mis à jour le 22/12/2017. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. La méconnaissance de la transmission du contrat de mission ne saurait, à elle seule, entraîner la requalification et ouvre droit à une indemnité d’un mois de salaire au plus.
Périmètre : Contrats conclus après la publication de l’ordonnance de 2017
Réserve : Jurisprudence antérieure non lue.
Relevé du 4 novembre 2026.
- Code du travail numérique (ministère du Travail), source Légifrance : Code du travail, art. L1251-40 Mis à jour le 22/12/2017. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Dans une affaire de 2022 portant sur des contrats de mission non signés, la Cour rappelle que la partie qui se prévaut du caractère fictif d’un contrat apparent doit le prouver, et casse la décision qui retenait un CDI avec l’association utilisatrice.
Périmètre : Cass. soc., 28 septembre 2022, n° 21-13.081, non publié au bulletin
Réserve : Centré sur la charge de la preuve ; ne porte pas sur l’exigence de signature.
Relevé du 4 novembre 2026.
- Légifrance : Cass. soc., 28 septembre 2022, n° 21-13.081 ECLI:FR:CCASS:2022:SO01079, inédit, cassation partielle. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
Notre calcul ou déduction. Selon notre lecture de L1251-40, un défaut de signature du contrat de mission n’expose pas à lui seul l’entreprise utilisatrice sur ce fondement, ni L1251-16 ni L1251-42 n’y figurant.
Périmètre : Risque de l’entreprise utilisatrice
Réserve : Aucun arrêt lu n’énonce cette règle.
Relevé du 4 novembre 2026.
- Code du travail numérique (ministère du Travail), source Légifrance : Code du travail, art. L1251-40 Mis à jour le 22/12/2017. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
- Légifrance : Cass. soc., 28 septembre 2022, n° 21-13.081 ECLI:FR:CCASS:2022:SO01079, inédit, cassation partielle. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
Notre calcul ou déduction. Les textes lus le 4 novembre 2026 ne fixent aucun niveau de signature pour le contrat de mission ni pour le contrat de mise à disposition.
Périmètre : Constat borné aux textes lus
Réserve : Accords de branche non lus.
Relevé du 4 novembre 2026.
- Code du travail numérique (ministère du Travail), source Légifrance : Code du travail, art. L1251-16 Mis à jour le 01/05/2008. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
- Code du travail numérique (ministère du Travail), source Légifrance : Code du travail, art. L1251-42 Mis à jour le 01/05/2008. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
Notre méthode. L’application de la méthode aux deux contrats de l’intérim : avancée dans le cas ordinaire, qualifiée à envisager pour le signataire à qui un élément manque ou avec qui un différend est prévisible, ou avancée avec vérification de sa pièce.
Périmètre : Sans texte ni contrat-cadre imposant un niveau
Réserve : Ne tranche pas un litige.
Daté du 4 novembre 2026.
Fait lu. Selon la fiche F11215, le contrat de mission doit être écrit et signé par les deux parties.
Périmètre : Intérim, fiche vérifiée le 19 juin 2026
Réserve : Fiche administrative.
Relevé du 4 novembre 2026.
- Service-Public.gouv.fr (DILA) : Contrat de travail temporaire (intérim) Vérifié le 19/06/2026. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
Notre avis. Séparer les deux contrats dans les réglages, faire contrôler la signature effective de chaque mission par l’agence et le motif de recours par l’utilisatrice, et traiter une signature tardive comme un défaut à corriger sans la tenir pour réglée.
Périmètre : PME et agences, volume élevé
Réserve : Avis assumé. Sort de la signature tardive non lu.
Relevé du 4 novembre 2026.
- Code du travail numérique (ministère du Travail), source Légifrance : Code du travail, art. L1251-40 Mis à jour le 22/12/2017. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
- Légifrance : Cass. soc., 24 mars 2010, n° 08-45.552 Bull. 2010, V, n° 74, rejet. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Sur un CDD, la chambre sociale a jugé le 14 décembre 2022 que l’image numérisée d’une signature ne répond pas à l’article 1367, sans valoir absence de signature lorsqu’il n’est pas contesté qu’elle vient du gérant identifiable et habilité.
Périmètre : Cass. soc., 14 décembre 2022, n° 21-19.841, publié au bulletin
Réserve : Arrêt rendu sur un CDD ; aucun arrêt lu sur la signature scannée d’un contrat de mission.
Relevé du 4 novembre 2026.
- Légifrance : Cass. soc., 14 décembre 2022, n° 21-19.841, ECLI:FR:CCASS:2022:SO01408, publié au bulletin 14 décembre 2022. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. L’article L1251-6 du Code du travail admet le recours au travail temporaire pour le remplacement d’un salarié, l’accroissement temporaire de l’activité, les emplois saisonniers ou d’usage, et le remplacement d’un chef d’entreprise, d’un professionnel libéral, d’un chef d’exploitation agricole ou de certains de leurs proches et associés.
Périmètre : Cas de recours, article mis à jour le 1er janvier 2018
Réserve : Lu par logiciel, en reformulation. Autres articles visés par L1251-40 non lus.
Relevé du 4 novembre 2026.
- Code du travail numérique (ministère du Travail), source Légifrance : Code du travail, art. L1251-6 Mis à jour le 01/01/2018. Lu le 4 novembre 2026. Document d’origine.